Danser la Vie

Danser la Vie

● L'avenir de la danse en Angleterre

L'avenir de la danse en Angleterre
par Mary CORFIELD
Le Bulletin Fédéral FFD n° 21 (01/03/1997)

 

Le congrès qui s'est tenu à Blackpool durant les championnats d'Angleterre était très intéressant et j'ai été particulièrement impressionnée par les interventions de Jacqui Donaldson, Adrian Pritchard et Reg Challinor. Ils apportent réellement quelque chose à notre discipline. Mais toutes leurs propositions, quoiqu'excellentes, avaient pour seul but d'amener à la danse davantage de juniors et de juvéniles britanniques. Ce qui m'intéresse bien davantage, c'est de faire en sorte que nos amateurs actuels continuent d'avoir leur place dans les finales mondiales et internationales dans les dix ou quinze prochaines années.

Si les professionnels anglais le désirent aussi, voici trois points sur lesquels ils peuvent se rendre utiles :

1 - A long terme : ils peuvent encourager de jeunes professeurs enthousiastes à aller enseigner la danse en université. Chaque année des milliers d'étudiants, passionnés, futurs journalistes, médecins, directeurs de société, grands industriels, qui auront une influence sur l'opinion publique, adhèrent à un club universitaire de danse. Ceux d'entre eux qui reçoivent le meilleur enseignement, non seulement remportent les « team-matchs » inter-universitaires, mais de surcroît apprennent combien la danse peut être une activité merveilleuse, saine, stimulante. (...)

2 - A moyen terme : les entraîneurs professionnels devraient faire payer aux amateurs britanniques la moitié des tarifs qu'ils pratiquent avec les entraîneurs et les prétendus amateurs qui viennent de l'étranger (c'est-à-dire de 20 à 25 livres plutôt que de 40 à 50 livres par heure). Pour la plupart des couples étrangers, les cours pris avec des professionnels anglais sont un investissement (peut-être même déductible des impôts) qu'ils peuvent revendre plusieurs fois à leurs élèves amateurs de grades inférieurs. Les pauvres amateurs anglais, eux, doivent trouver l'argent nécessaire pour leurs cours à partir de leurs revenus imposables. Les tarifs élevés pratiqués par nos entraîneurs de haut niveau sont également sérieusement dissuasifs pour les plus jeunes danseurs (et leurs parents). (...)

3 - A court terme : les entraîneurs professionnels de haut niveau pourraient donner chacun une heure de leur temps par semaine pour entraîner un couple amateur de haut niveau. Un peu plus de coopération entre les amateurs et les professionnels devrait permettre à nos douze meilleurs couples amateurs en standards et en latines de bénéficier d'une heure de cours gratuite par semaine, et produirait, avec un peu de chance, une plus grande implication de part et d'autre. De même, nos tailleurs, couturiers et fabricants de chaussures de danse les plus renommés pourraient également contribuer (comme le font déjà beaucoup d'entre eux) en fournissant à chacun de nos meilleurs couples une tenue complète gratuite chaque année. Même les écoles et les clubs de danse pourraient participer à cet effort, en donnant à leur couple le plus prometteur des facilités pour s'entraîner gratuitement en contrepartie de la démonstration effectuée à l'occasion de la soirée dansante annuelle du club ou du passage de médailles annuel.

Chacun de nous pourrait contribuer, en donnant soit de l'argent, pour aider nos jeunes couples à se rendre à des compétitions à l'étranger, soit du temps, en allant les supporter lors de tournois internationaux, mais c'est principalement à notre corps professionnel qu'il appartient de maintenir nos amateurs au plus haut niveau. C'est aussi dans l'intérêt de ces professionnels, car si les gens viennent du monde entier pour prendre des cours avec eux en ce moment, c'est parce que nos danseurs sont les meilleurs du monde.

 

 



21/08/2013

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour