Danser la Vie

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● Le Grand Orchestre de Gérard Hever

Le Grand Orchestre de Gérard Hever
Interview de J.J. GARDAIS
Le Bulletin Fédéral FFD n° 23 - Juillet 1997 (01/07/1997)

 

Qu'est ce qu'un Grand Orchestre ? Comment est-il composé ?
G.H. : Le titre de GRAND ORCHESTRE s'attribue à un orchestre d'au moins 12 musiciens. Il est composé essentiellement d'une partie rythmique, sur laquelle une section de cuivres ou de cordes ou de petits vents tels que flûtes, hautbois, clarinettes... vient s'ajouter.

Comment préparez-vous les musiques des compétitions ?
G.H. : Je sélectionne les musiques de compétitions sur deux critères : Le critère mélodique, c'est à dire qui accroche bien l'oreille de l'auditeur, et le critère musical, qui consiste à utiliser des musiques relativement récentes, ou des chansons connues du public et qu'il souhaite ré entendre, mais dans un style et un rythme tout à fait différents. En fait je ne prépare les musiques qu'après avoir écouté beaucoup de documents, d'émissions de radio, de télévision, afin de constituer ce répertoire, et d'essayer de sentir un petit peu ce que le public recherche.

Dans votre répertoire il y a des arrangements. Comment choisissez-vous les mélodies ?
G.H. : Pour le choix des mélodies, je tiens compte principalement de ce que le public recherche, mais aussi de ma propre sensibilité, mes propres goûts, et surtout d'une certaine originalité, car j'essaie toujours de ne pas ré utiliser les mélodies que d'autres orchestres ont déjà empruntées.
Quand vous composez, êtes vous plus tourné vers la danse ou très fixé sur la musique que vous écrivez ?


G.H. : Quand je compose, en général je pars d'une rythmique; que j'imagine dans ma tête et dans la réalité, et ensuite, c'est par rapport à cette rythmique, que j'élabore la mélodie, qui doit être suffisamment accrocheuse, puis, sur cette mélodie, je construis bien sûre, l'orchestration. C'est d'abord le rythme et la danse qui déterminent la mélodie. Maintenant, si j'écris de la musique pour un film ou pour du patinage, je vais construire cette musique de façon tout à fait différente, bien sûre.

Votre discographie actuelle vous place avec les autres grands orchestres européens. Sont-ce vos concurrents ? Y a-t-il rivalité musicale ? Comment développez-vous votre identité orchestrale ?
G.H. : Tout d'abord, sont-ils des concurrents ? Dans une certaine mesure, ...oui, un peu ; Pour nous, la concurrence est avant tout, étrangère. Ils sont concurrents parce que certains de ces orchestres sont sur le terrain depuis bien plus longtemps que moi, et, j'essaie d'analyser et de comprendre leurs orientations. Ce sont des concurrents, relatifs, puisque chacun a sa propre identité, donc sans rivalité musicale. Chaque orchestre, et chaque chef d'orchestre, a sa personnalité qu'il défend, et après c'est au public de décider de ce qu'il aime ou n'aime pas. Mon identité orchestrale ? C'est de rester moi même, et de défendre à tous prix, le style de musique que j'ai en moi, et je crois que c'est la meilleure solution.

A Bercy ou à Evry, vous avez présenté des nouveautés musicales, hors discographie. De nouveau, de grands « tubes », pour ne pas dire de grands succès, vont figurer sur .votre prochain C.D. Pouvez-vous nous dévoiler quelques titres pour nous faire patienter ?
G.H. : Nous n'avons pas encore commencé à enregistrer, mais on pourra trouver « Ne me quitte pas » de BREL, en valse lente, «Tic e tic e tac », la fameuse samba de l'année dernière, la chanson « histoire d'amour » qui a été chantée par DALIDA, une reprise de F. SINATRA « Bad bad le roi Brown », une autre chanson un peu moins connue « Histoire de filles » et puis, d'autres surprises, je pense !

Quand vous conduisez votre orchestre pendant les compétitions de danse, vous avez souvent un oeil sur les couples qui dansent ! Est ce pour tester l'impact de vos musiques ?
G.H. : Dans un premier temps ,si j'ai un oeil sur les couples, c'est pour m'assurer qu'il n'y a pas de problèmes de tempo, ou d'interprétation, la seconde chose est de voir s'ils réagissent convenablement au choix de nos musiques, et la troisième raison est que bien qu'il soit difficile de travailler le dos tourné, il est intéressant de montrer aux danseurs et au public, qu'il y a un dialogue avec les musiciens.Nous ne sommes pas sur un plateau, à part des danseurs, et nous nous tenons à l'écoute de ce qu'ils sont entrain de danser.

Est-ce que les compétiteurs connaissent les musiques à l'avance ?
G.H.: Non, en général les compétiteurs ne les connaissent pas. lis peuvent les avoir entendues au cours d'une compétition précédente ou alors sur nos supports C.D. Ils savent bierrsûrle type de danse qu'ils vont danser-mais ne connaissent pas le thème..: Parfois le fait d'avoir entendu et reconnu la mélodie dès la première mesure peut les aider, mais les couples étrangers ne connaissent pas nos musiques !

Après les compétitions, avez-vous des contacts avec les couples pour parler des musiques de la soirée ?
G.H. : De plus en plus nous avons des contacts ; Pendant longtemps les couples n'osaient pas venir nous rencontrer, c'est bien dommage car je les invite régulièrement à le faire, et il est très intéressant pour nous, d'avoir leur avis sur les choix musicaux, et sur des tas de critères ou de détails techniques. De plus en plus les couples me téléphonent, ou m'écrivent, pour discuter longuement de nos objecifs et eux de leurs besoins, et je les incite le plus possible à nous rencontrer, toujours dans un esprit de construction, de façon à partager leurs avis, positif ou négatif. Pendant de nombreuses années, nous avons souffert de ce manque de contacts, et nous le déplorions. C'est maintenant quelque chose qui évolue, se répare.

Votre orchestre, sur C.D. avec une grande formation, des violons par exemple, peut-il être reproduit sur scène?
G.H. : L'orchestre que nous avons le plaisir d'écouter sur disque peut se produire sur scène avec des coûts bien évidemment plus importants, mais, on souhaiterait plus souvent, comme nous l'avions fait à Bercy, il y a quelques années, venir avec une vingtaine de cordes, des flûtes, clarinettes, hautbois, tous les instruments que l'on utilise dans nos enregistrements. La couleur musicale de la soirée en serait d'autant plus vive.

Gérard HEVER, Merci, bon courage à tout votre orchestre pour le prochain C.D, et à bientôt.

 

 



21/08/2013

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