Danser la Vie

Danser la Vie

● Madagascar - Danse sportive

Madagascar : Danse sportive
par Jeannot RAMAMBAZAFY (www.madagascar-tribune.com)
Madagascar Tribune N° 4872 & 4873 (04-02-2005)

 

L'APDSM entre dans la... danse !

En octobre 2003, André Resampa, fils de l'ancien ministre de l'Intérieur du même nom, était déjà à Madagascar pour apporter un autre aspect de la Culture comprenant discipline et maîtrise de soi. Il s'agit de la danse sportive dont il est adepte depuis qu'il réside en Seine-Maritime. Ce fut un faux pas pour diverses raisons mais M. Resampa est de retour et entend mener à bien l'entreprise de son Association de Promotion de la Danse Sportive à Madagascar ou APDSM. Esquisses d'un programme... spectaculaire. Après la danse de salon, la danse acrobatique, place donc à la danse sportive.

● Standardisation

Pratiquant depuis sa jeunesse et intime de la famille Germain qui est propriétaire de 7 écoles de danse sportive en France, André Resampa crée l'Association de Promotion de la Danse Sportive à Madagascar (APDSM) inscrite sous le n°0763020081 à la Préfecture de la Seine-Maritime. Quels sont les objectifs ? "Promouvoir la danse sportive à Madagascar; mettre en place une fédération locale incluant écoles et compétitions". Mais qu'est-ce donc que la danse sportive ? En fait, elle émane des danses de salon. Celles-ci ont une histoire unique qui contribue à sa popularité actuelle en tant que loisir mais aussi comme sport de compétition. Les danses de salon doivent leur origine en Angleterre vers la fin du 18ème siècle, début du 19ème, d'abord parmi les classes sociales élevées, lesquelles participaient aux différents bals puis, auprès des classes laborieuses. Les compétitions de danses de salon se multiplièrent à partir des années 1920. En 1924, la section "danse de salon" de l'ISTD (Imperial Society of Teachers of Dancing) était fondée. Ces membres étaient : Mlles Joséphine Bradley, Eve Tymegate-Smith, Muriel Simmons, Mme Lisle Humphreys et M. Victor Sylvester, tous d'excellents danseurs à leur époque. Leur mission était de standardiser les danses. Une équipe de l'ISTD, le comité de Danse Sportive, s'est chargée de cette lourde tâche.

● Pour les JO 2008 en Chine...

En mai 1997, le IDSF (International Dance Sport Federation) passe un contrat pour une durée de 11 ans avec l'IMG (International Management Group) de Mark McCormack, l'une des plus puissantes et des plus influentes agences de sport au monde. Ce contrat a été annoncé à Planet Hollywood de Picadilly Circus en Angleterre. IMG utilisera sa force incroyable, ses relations, le parrainage et la programmation télévisée pour promouvoir les danses de salons tant sous l'aspect loisir que sport de compétition. Le 8 septembre 1997, le IOC (International Olympic Committee) déclare l'IDSF (International Dance Sport Federation) comme "Fédération reconnue" et membre de l'IOC. Cette reconnaissance est le résultat, pour l'IDSF et les danses de compétition, de six années de négociations difficiles de la part du comité de l'IDSF, de plus de deux années de qualification de membre provisoire de l'IOC, et un effort colossal de la part des fédérations nationales de danses ainsi que ses 100.000 membres partout dans le monde.

Etre membre de l'IOC signifie une acceptation des danses sportives comme un sport légitime, mais, il ne s'agit là que du début de nos espoirs olympiques, car cette reconnaissance ne signifie pas automatiquement que, dès à présent, les compétiteurs en danses sportives peuvent participer aux Jeux Olympiques. Pour acquérir ce droit, l'IDSF doit convaincre l'IOC que la danse sportive respecte les différentes exigences de ces sports médaillés. Dans le but que les danses sportives fassent partie des jeux olympiques en 2008, l'IDSF doit persuader l'IOC de lui attribuer le statut adéquat pour aller en Chine...

● Premier "Open" le 14 février 2005 à Ankorondrano

En France, il existe la Fédération Française de Danse ou FFD/CNDS qui fait partie des 76 fédérations regroupées dans la Fédération internationale de la danse sportive (IDSF). Chaque pays organise un championnat national. Au niveau mondial, des "Outgames" auront lieu au Canada du 31 juillet au 4 août 2006. Mais nous n'en sommes pas encore là. La tâche d'André Resampa et son équipe d'une quarantaine de personnes, dont des dizaines de couples danseurs professionnels européens, est d'instaurer avant tout la notion de discipline. Cela commence par un timing et une programmation stricte et à respecter. Et ce, des rencontres avec les autorités locales concernées et le secteur privé œuvrant dans le domaine de la danse. Nous reviendrons, au fur et à mesure, sur les avancées de cette volonté d'André Resampa et Claude Germain, d'inclure Madagascar dans ce concert de la danse sportive mondiale. Ils le font par amour pour la Grande île, en auto-financement, et aussi pour démontrer que la Culture, c'est aussi la danse en couple, dans son aspect spectaculaire et sportif. Pour le moment, ce qu'il faut savoir c’est que le 14 février 2005, au gymnase couvert d'Ankorondrano, aura lieu le premier "Open de danse sportive" à Madagascar. Mettant en lice les couples européens et des participants nationaux. Tout se fera dans les normes internationales, avec des juges car il s'agit de marquer des points. Cet "Open" sera renouvelé annuellement. Par ailleurs, des stages d'initiation auront lieu au K'Arts Antanimena, du 7 au 10 février. Ils seront gratuits et pour tous les âges. Dans l'équipe, il y a également un certain Dr François Javet dont nous parlerons ultérieurement. Enfin, pour les journalistes, un point de presse aura lieu le 8 février 2005 au K'Arts.

Pour plus nous motiver

Hier, nous vous avons présenté les objectifs de l'APDSM (Association de Promotion de la Danse Sportive à Madagascar) d'André Resampa et Claude Germain. Aujourd'hui, faites connaissance avec ce qui pourrait motiver effectivement les danseurs malgaches à pratiquer la danse sportive. Aussi pour démontrer que la famille Germain ce n'est ni du n'importe quoi ni du n'importe qui.

● Combien d'écoles de ce genre à Madagascar ?

En France, il existe plusieurs centres de danse Germain. Il faut savoir aussi que Claude et Simone Germain sont d'anciens champions de France, finalistes du Championnat du Monde, professeurs de danse, juges internationaux et enfin organisateurs du Grand Prix de la ville Paris à Bercy, les 29 et 30 janvier 2005 derniers. Grosso modo, les disciplines communes à ces centres de danse Germain sont : Rock, Danses de société, Danses de rue, Salsa et danses latino cubaines et portoricaines, Danse sportive et de compétition. Si l'on va plus en profondeur, les cours sont destinés aux : Adultes, enfants en couple (Rock, Salsa, danse de société, danse sportive….), en individuel (Modern’Jazz, Hip hop…), en cours collectifs ou particuliers. Il y a aussi des stages aussi en spectacles (vidéos, images). C'est dire que ces cours ne se confinent pas uniquement à la danse dans sa simple expression. Actuellement, il existe même une association des adhérents aux centres de danse Germain. Entre nous ("Isika samy isika" dirait le confrère Herivonjy Rajaonah), combien d'écoles de danse de ce genre existe-t-il à Madagascar ? Car, il y a des écoles de danse dans la Grande île. Mais elles sont encore inaccessibles au grand nombre...

● Danse Malagasy...

Si André Resampa a créé l'APDSM, c'est justement pour démocratiser la discipline avec, à la clé, des compétitions assez motivantes. Or, paradoxalement, M. Resampa est membre du Centre de recherches et d'études sur les droits de l'Homme et le droit humanitaire ou CREDHO. Professeur en droit de l'université de Rouen, il prépare une thèse de doctorat portait sur "La protection juridictionnelle des droits fondamentaux en Afrique noire francophone", sous la direction du professeur Laurence Burgorgue-Larsen. Où se situe le lien, vous demanderiez-vous ? Tout ce qui se rapporte à l'Homme, évidemment. Son droit à la Culture. En ayant opté pour la danse sportive pour Madagascar, grâce à l'impulsion de la famille Germain, André Resampa espère améliorer la mentalité des Malgaches vers l'amour du beau, de l'esthétique et surtout de la discipline, de la maîtrise et respect de soi donc d'autrui. Il y a aussi le facteur compétitif et l'esprit artistique profondément ancré chez les Malgaches. Dans son désir de mettre en place une fédération de danse sportive à Madagascar même, c'est une porte grande ouverte pour le grand public afin d'accéder à une sorte de rêve qui deviendrait réalité. Certes, cela risque d'être un travail de longue haleine, mais l'espoir et la confiance demeurent. Il importe de faire comprendre clairement les tenants et aboutissants de la démarche qui, pour l'instant, est encore alimentée par des fonds propres obtenus à l'issue de diverses compétitions organisées en France. Il importe, enfin, de ne pas mettre sur le devant des actions, l'aspect financier du projet. L'important qu'il y ait un local, des gens compétents et l'argent coulera à flots. Après, l'APDSM ne se donne aucun délai mais, d'ores et déjà, la balle est dans le camp des nationaux qui entendent donner un avenir culturel meilleur à leurs descendants. Ainsi, face à la mondialisation, montrer au niveau mondial la "Danse Malagasy" n'est plus utopique. Voilà de quoi nous motiver plus encore.

 

 



21/08/2013

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