Danser la Vie

Danser la Vie

● Danse fonctionnelle et niveau seuil

Danse fonctionnelle et niveau seuil
Philippe Valade
(26-03-2012)


Pour faciliter l'apprentissage de la danse, la méthodologie doit s'attacher à définir des objectifs intermédiaires constituant des étapes qui mobilisent la motivation et permettent d'atteindre progressivement les objectifs finaux. En termes d'enseignement, on parle de niveaux d'enseignement, par exemple les niveaux 1&2 et les niveaux 3&4. A travers le contenu de ces niveaux, l'enseignant conduira ainsi l'élève à la compétence envisagée par des étapes successives. De sorte que niveaux et progression ont en commun de s'appuyer sur une matière chorégraphique qui a été découpée et ordonnée selon des critères de difficulté et de fréquence d'emploi.
Il convient donc de distinguer, dans ces phases d'acquisition la nature de leur contenu et l'organisation méthodologique qui s'y attache.

Le contenu des niveaux 1&2 et 3&4 se définit à travers la notion de base fondamentale. Il s'agit d'un outil de départ destiné à acquérir de façon rationnelle une compétence minimale en vue d'accéder à un enseignement d'une danse plus complète. Les bases de la danse de couple ont été élaborées pour en permettre une large diffusion. Les critères retenus participent d'un inventaire statistique portant sur les structures des figures et les unités chorégraphiques qui se distinguent par leur fréquence et leur utilité. Ce modèle de référence permet de délimiter les différents degrés par l'établissement d'un corpus et fondé sur une analyse statistique.

Les bases fondamentales représentent ainsi une base d'apprentissage de la danse de couple dans le cadre d'une acquisition progressive et rationnelle. Pour ce faire, un modèle chorégraphique est construit à partir de cette base utilitaire. Néanmoins, si les bases fondamentales résultent bien d'un inventaire du contenu de danses authentiques, le modèle chorégraphique retenu reste artificiel, ce qui lui confère un caractère "scolaire". Leur rôle est de permettre l'accession aux divers niveaux de danse plus marqué stylistiquement dans le cadre d'une progression préétablie selon un objectif pédagogique déterminé. Cette méthode permet en outre de suivre et de contrôler les progrès des élèves. Dans ces conditions, les niveaux 3&4 seront un complément des niveaux 1&2 par l'enrichissement d'un contenu chorégraphique initialement écarté dans des intentions pédagogiques.

La distinction entre les niveaux 1&2 et les niveaux 3&4 ne réside pas seulement dans la nature de leurs contenus respectifs, mais aussi par l'organisation méthodologique destinée à permettre l'acquisition de la compétence d'une danse plus complète. En particulier, le niveau 1 est destiné aux débutants, à des élèves ne connaissant pas la danse de couple ou ne l'ayant jamais pratiqué. Il s'agit donc de leur faire acquérir une compétence minimale pour permettre l'accès à une expression plus étendue Pour cela, on a recourt à la mémorisation par l'imitation et la répétition de chorégraphie fabriqués se rapprochant de la danse usuelle. A ce niveau la progression est considérée comme indispensable. La priorité est donnée à l'acquisition des structures fondamentales à l'aide de ces "supports" fabriqués. Des mouvements authentiques peuvent néanmoins être introduits modérément à un stade avancé des niveaux 1&2, par exemple en approchant de la fin du programme. Dans cette éventualité, ils s'utiliseront également de façon scolaire, au même titre que les premiers pas de base.

D'une façon générale, aux niveaux 1&2 l'enseignant a un rôle de maître ce qui n'exclut pas qu'il puisse se faire percevoir autrement pour atténuer les contraintes de la méthode, notamment par l'emploi d'un aspect ludique dans le cours. Il pourra, lorsque l'acquisition du contenu chorégraphique "fondamental" en permet la pratique, demander aux élèves de produire une danse libre à partir des éléments des cours précédents. Enfin il s'agira, pour l'enseignant, de faire acquérir aux élèves un contenu chorégraphique en évitant de s'engager dans des analyses détaillées.

Aux niveaux 3&4, les élèves possèdent une compétence chorégraphique qui repose sur une "base fondamentale" leur permettant d'accéder à une danse plus authentique, diversifiée Il s'agit de renforcer l'acquis des niveaux 1&2 et de développer la subjectivité. La pédagogie est plus centrée sur l'élève, ce qui impose plus de souplesse dans la progression avec un programme plus ouvert. Les apports chorégraphiques nouveaux s'inscrivent dans une perspective pédagogique destinée à se rapprocher de plus en plus de la danse réelle. L'expression de l'élève doit se développer plus librement pour se dégager des niveaux 1&2. En ce sens, l'initiative et la spontanéité sont des facteurs importants pour accéder à une autonomie.
Dans cette deuxième phase d'apprentissage, le rôle de l'enseignant est de faciliter l'acquisition de la compétence des mouvements. Il devient un animateur avec plus d'initiative personnelle, sans pour autant renoncer à la méthode. Cette plus grande liberté d'itinéraire ne va pas sans l'apport d'une dynamique globale dans l'enseignement en créant les conditions d'une danse plus spontanée. Au surplus, l'accent sera mis sur la musique et le guidage. A l'inverse des niveaux 1&2, l'enseignant peut faire produire des enchaînements aux élèves, à partir de séquences chorégraphiques déjà étudiées, et en rechercher les situations au milieu d'autres couples.

Au total les niveaux 1&2 et les niveaux 3&4, en danse de couple, se distinguent par des différences fortement marquées à la fois par la nature du contenu et par l'organisation méthodologique de l'enseignement. Néanmoins, une stratégie pédagogique commune est applicable aux quatre niveaux en ce qui concerne la reproduction dans le cours et la pratique qu'il convient d'introduire simultanément. Des pratiques, dès le niveau 1, permettent de montrer la complémentarité de la danse d'école et de la danse en soirée ou au dancing, non seulement en situation, mais aussi dans son expression.

L'important est de faire acquérir aux élèves qui apprennent la danse de couple les dimensions séquentielles et expressives des pas et des mouvements en entraînement comme en situation, par progrès gradués. Utilisés de façon souple, le niveau 1 et le niveau 2 répondent à cette attente en tant qu'outils de départ permettant une acquisition rationnelle de la danse de couple.


Philippe VALADE
Professeur de danse en couple - Maître de danse
Directeur de Formation FFSD - Coordinateur pédagogique
Centre Danser la Vie à Mougins



NOTES
- Enseigner la danse et non pas comment fonctionne la danse.
- Des exercices dits structuraux visant l'acquisition d'automatismes doivent renforcer systématiquement les bases fondamentales de la danse.
- Si l'on se limite à considérer que ce qui est similaire est facile à apprendre et ce qui est différent est difficile, la gradation pédagogique se réduit alors à un classement évoluant de « égal » à « complètement différent ».
- L'enseignement de la danse doit s'apprendre de façon directe et l'organisation de l'apprentissage devra être soigneusement orchestré en fonction du degré des difficultés des séquences chorégraphiques.
- Acquisition de façon « directe » en incorporant peu à peu des interférences.
- Méthode d'enseignement au travers de petites avances avec des séquences chorégraphiques restreintes et bien contrôlées suivies de long plateau d'assimilation. Ce qui se traduit par une méthode de progression « pas à pas » avec un minimum de difficultés entre les étapes.




21/08/2013

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour