Danser la Vie

Danser la Vie

● Le Bourgeois Gentilhomme (extraits)

par Jean-Baptiste POQUELIN dit MOLIERE
Théatre classique (01-10-1670)

 

 

Monsieur Jourdain, un "senior" de plus de plus 40 ans qui faisait de la prose sans le savoir !

Un "Bourgeois Gentilhomme" philosophe :

 

ACTE I, Scène IV

MONSIEUR JOURDAIN : Par ma foi! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela. Je voudrais donc lui mettre dans un billet: Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour; mais je voudrais que cela fût mis d'une manière galante, que cela fût tourné gentiment.

 

Mais aussi un "Bourgeois Gentilhomme" danseur qui s'instruisait auprès des meilleurs professeurs :

 

ACTE I, Scène première

MAÎTRE à DANSER : Pour moi, je vous l'avoue, je me repais un peu de gloire; les applaudissements me touchent; et je tiens que, dans tous les beaux arts, c'est un supplice assez fâcheux que de se produire à des sots, que d'essuyer sur des compositions la barbarie d'un stupide. Il y a plaisir, ne m'en parlez point, à travailler pour des personnes qui soient capables de sentir les délicatesses d'un art, qui sachent faire un doux accueil aux beautés d'un ouvrage, et par de chatouillantes approbations vous régaler de votre travail. Oui, la récompense la plus agréable qu'on puisse recevoir des choses que l'on fait, c'est de les voir connues, de les voir caressées d'un applaudissement qui vous honore. Il n'y a rien, à mon avis, qui nous paye mieux que cela de toutes nos fatigues; et ce sont des douceurs exquises que des louanges éclairées.

ACTE I, Scène II

MAÎTRE à DANSER : La musique et la danse. La musique et la danse, c'est là tout ce qu'il faut.

.../...

MAÎTRE à DANSER : Il n'y a rien qui soit si nécessaire aux hommes que la danse.

.../...

MAÎTRE à DANSER : Sans la danse, un homme ne saurait rien faire.

.../...

MAÎTRE à DANSER : Tous les malheurs des hommes, tous les revers funestes dont les histoires sont remplies, les bévues des politiques, et les manquements des grands capitaines, tout cela n'est venu que faute de savoir danser.

 

ACTE II, Scène première

MONSIEUR JOURDAIN : Ah! les menuets sont ma danse, et je veux que vous me les voyiez danser. Allons, mon maître.

MAÎTRE à DANSER : Un chapeau, Monsieur, s'il vous plaît. La, la, la; la, la, la, la, la, la; la, la, la, bis; la, la, la; la, la. En cadence, s'il vous plaît. La, la, la, la. La jambe droite. La, la, la. Ne remuez point tant les épaules. La, la, la, la, la; la, la, la, la, la. Vos deux bras sont estropiés. La, la, la, la, la. Haussez la tête. Tournez la pointe du pied en dehors. La, la, la. Dressez votre corps.
MONSIEUR JOURDAIN : Euh?

 

Notes en italique : Philippe VALADE (25-02-2004)

 



21/08/2013

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