Danser la Vie

Danser la Vie

● Où en est la mode des robes standards ?

Où en est la mode des robes standards ?
par Hazel FLETCHER (traduction Isabelle REYJAL)
Dance News mars 1996 - Le Bulletin Fédéral FFD n° 22 (01/03/1996)

 

Depuis un certain temps, je trouvais que les robes devenaient incroyablement chères. Cela peut dissuader d'entrer dans le monde de la compétition des personnes pas très à l'aise financièrement. Il serait dommage d'en faire un « sport de riches ». Par bonheur il semble qu'émerge à présent une nouvelle tendance. Je félicite les danseuses qui ont le courage d'essayer quelque chose de différent. Alessia Manfredini a pris un gros risque au Championnat du Monde, en choisissant un style dépourvu de plumes, de strass, de voiles flottants. Juste une robe de belle coupe, toute blanche, très féminine, très seyante. Le fait qu'elle ait gagné prouve à toutes les danseuses que si la danse est suffisamment bonne, il n'est pas nécessaire de porter sur soi une tonne de verroterie, ni tout un élevage de plumes d'autruche !

Il y a eu une mode de robes à taille très basse et à jupe raccourcie. J 'ai personnellement trouvé cette mode déplaisante, parce qu'elle faisait penser que la danseuse avait des jambes courtes. David Roberts a écrit que ce genre de robe peut « produire une silhouette inélégante et mettre en évidence ou créer un problème d'absence de contact entre les partenaires ». Je suis d'accord sur l'idée qu'une robe très ajustée peut faire ressortir un problème d'absence de contact, mais à coup sûr le remède consiste à éradiquer le problème et non pas à le cacher sous une robe différente ! De même, Harry Smith-Hampshire a écrit que les immenses voiles flottants comme des ailes de chauve-souris couvrent une multitude de défauts. Je suis sûre qu'il serait d'accord sur le fait que si vous savez danser, ce n'est pas une bonne idée de cacher vos qualités sous des kilomètres de voilage ! Je n'ai pas non plus beaucoup aimé la mode des robes à taille haute, mais heureusement elles sont en voie de disparition.

Ce que j'aime vraiment, c'est la nouvelle mode des robes coupées en une seule pièce. J'ai eu l'oeil immédiatement attiré par Karen Hïlton au « UK » ; elle portait une belle robe bleue coupée dans un seul panneau de tissu du col à l'ourlet. C'était si flatteur, cela dansait et tournoyait si joliment et avec tellement de douceur. Cette mise en valeur d'une ligne plus longue et plus mince est par définition féminine, elle offre une réminiscence de splendeur hollywoodienne, et cet effet peut s'obtenir avec uniquement du tissu et une bonne coupe ; on peut donc ainsi faire l'économie des plumes si on le souhaite. Aussi bien Caterina Arzenton que Simona Fancello portaient des robes sans plumes et n'en étaient pas moins charmantes. Adele Preston avait opté elle aussi pour une robe en une seule pièce, ce qui la faisait paraître plus grande. Nous sommes bel et bien dans une époque de créativité. Combien de spectateurs ont-ils remarqué que Morena Ricci portait, mais oui, un pantalon, qui cependant dansait et bougeait comme une jupe ! Yoko Tanaka avait choisi une coupe ajustée jusqu'au bas des fesses, c'est très féminin lorsque vous vous tenez debout mais beaucoup moins flatteur quand vous faites de grands pas en arrière, par exemple dans le Pas Plume en Slow Fox. Anita Dolman n'a pas peur d'arborer un style différent des autres ; malheureusement, dans le cas dont je parle, différent ne signifie pas toujours meilleur. La raison pour laquelle une si jolie jeune femme veut porter des couleurs ternes et une robe de coupe peu seyante, me dépasse !

A propos de ne pas avoir peur d'un style différent, me viennent à l'esprit les coiffures des danseuses de standards. Comme elle était jolie, Loraine Barry, aussi bien au « Star » qu'au « UK ». Bien sûr elle est toujours jolie, mais là c'était vraiment spécial et original, elle me rappelait Grace Kelly jeune dans d'anciens films hollywoodiens, elle avait une allure royale. J'espère que cela encouragera d'autres danseuses à renoncer aux boucles qu'on fixe à l'endroit réglementaire au sommet du crâne. Lorsque j'ai essayé de suggérer un changement de coiffure en standards à quelques-unes de mes élèves qui font les dix danses, je me suis entendu répondre : « Oh non, mon professeur de standards ne me permettrait pas de changer. » Avons-nous affaire à des clones ?

 

 



21/08/2013

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour