Danser la Vie

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● Tendance en Danses Latines

Tendance en Danses Latines
par Hazel FLETCHER (traduction Isabelle REYJAL)
Dance News n° 1446 - Le Bulletin Fédéral FFD n° 21 (01/03/1997)

 

En repensant au UK et après avoir relu les différents reportages qui m'ont remis en mémoire ces si agréables journées, je me rappelle beaucoup d'éléments dont je n'ai pas parlé dans mes propres reportages. Des tendances générales qui concernent de nombreux couples mais qu'il faut signaler de nouveau pour que la majorité des danseurs y réfléchissent.

En Cha Cha Cha particulièrement, il semble qu'une mode assez désagréable se soit trop communément répandue. La conduite des bras paraît trop musclée. Je vois de très nombreux danseurs conduisant leur danseuse, pendant des pas sur place, à l'aide des bras et des mains de connexion, au lieu d'utiliser leur corps, autrement dit des actions de hanches ou des mouvements de la cage thoracique. Je crains que ces danseuses n'aient besoin de rendre ensuite visite à leur ostéopathe pour remettre en place leur cou et leurs épaules. Je me demande aussi quelquefois, pour certains de ces messieurs, s'ils pourraient encore démontrer leur capacité à mouvoir leur poids du corps d'un pied sur l'autre, tellement ils passent de temps dans des positions de fentes, juste à se tortiller, ou pire encore parfois, complètement immobiles eux-mêmes, en laissant la danseuse faire tout le boulot. C'est la paresse poussée à l'extrême.

La tendance développée en Rumba ces dernières années a rendu les danseuses très animales, et peut-être excessivement sensuelles dans certains cas. Le résultat en est visible dans leurs expressions de visages. Je commence à voir revenir le sourire, c'est charmant. Lorsqu'il correspond à une réaction authentique de l'émotion des sens, ce sourire est attirant, c'est plutôt un demi-sourire qui naît spontanément d'une pensée malicieuse ou coquine. Il est en tout cas bien préférable aux expressions ricanantes, grimaçantes, quelquefois hideuses ou méchantes que nous voyons si souvent. Mais attention, ne préfabriquez pas votre sourire, si vous ne le tirez pas de vos sensations intérieures il paraîtra artificiel, ce qui n'est bien sûr pas souhaitable. Les expressions travaillées sont factices. Les expressions du visage qui laissent transparaître des émotions intérieures sont un plus, à condition que les émotions intérieures correspondent à l'atmosphère voulue.

Le Paso Doble c'est la danse que l'on interrompt trop tôt, alors qu'il en reste souvent encore un tiers à danser. Cela fait longtemps que cette tendance dure. Généralement la chorégraphie des couples est montée au fil de la musique d' « Espana Cani ». Cela permet aux couples de ne pas avoir à recommencer leur programme. La plupart des danseurs seront d'accord pour reconnaître qu'ils n'aiment pas avoir à répéter leur chorégraphie au cours d'une même danse, c'est éprouvant psychologiquement. D'un autre côté, le juge a moins de temps pour juger. La tendance qui consiste à arrêter la musique dès le deuxième « clash » est à ce point devenue une habitude que les couples, rendus paresseux, s'y attendent. Imaginez la surprise de certains couples au UK, lorsque la musique a continué jusqu'au bout. Des couples s'y sont fait prendre dans plusieurs tours et ce fut la confusion générale. Pour les spectateurs c'était très amusant. Qui que ce soit qui ait pris la décision de laisser la musique se dérouler jusqu'au bout, je l'en félicite. Si mes souvenirs sont bons ce fut le cas dans chaque passage et à chaque étape de la compétition. Chose merveilleuse, même dans sa version longue le Paso Doble n'est pas encore trop long, il dure approximativement 2mn, à peu près comme la Samba et le Cha-cha-cha. Seule la Rumba devrait être plus longue et durer 2mn 1/2 . Seul le Jive devrait être plus court et ne durer qu' lmn 40. Je souhaite que les organisateurs en prennent note.

Le tempo de la Samba continue de m'indisposer, on la joue souvent trop lentement de 3 ou 4 mesures/minute. Du coup on y perd l'ambiance du tumulte et de folle liesse débridée du carnaval. Je suis bien persuadée que les gens qui sont à l'origine de ce ralentissement de la Samba cherchent à améliorer l'impression visuelle de contrôle, la lisibilité du rythme et de la chorégraphie. Or c'est précisément le contraire qui se produit. Plus la musique est lente, plus on va insérer de pas et de mouvements dans la danse. C'est le réflexe naturel aussi bien du danseur que du chorégraphe qui cherchent à recréer l'atmosphère de la Samba.

Couples, ne vous placez pas toujours au même endroit sur la piste, cela devient lassant. Vous n'êtes pas non plus obligés de commencer vos danses par les mêmes pas à chaque fois, cela aussi devient lassant. Essayez de renoncer parfois à vos « entrées », ou même, commencez par le milieu de votre chorégraphie. C'est valable pour toutes les danses, hormis le Paso Doble, bien entendu.

J'attends maintenant avec impatience d'assister aux championnats « All England », une des rares compétitions qui présente les cinq danses latines dès le premier tour. Je me sens démoralisée lorsque l'on traite le Jive comme un parent pauvre et qu'il n'est introduit qu'au niveau de la demi-finale. J'espérais que les organisateurs qui ont un problème d'emploi du temps suivraient ma suggestion alternative, proposée dans cette colonne voici un an, et qui consistait à changer les danses d'un tour sur l'autre. Conservez toujours la Rumba, mais annoncez au fur et à mesure celle des quatre autres danses qu'on ne dansera pas. Mais si vous en en avez le temps, faites faire les cinq danses dès le début. S'il vous plaît, s'il vous plaît, s'il vous plaît.

 

 



21/08/2013

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